Téléchargez le dossier de presse en version pdf.

Chaque année, Sofélia et Soralia, associations d’éducation permanente féministes et progressistes, se mobilisent autour du 25 novembre, journée internationale de lutte pour l’élimination des violences basées sur le genre.

Cette journée spécifique est l’occasion pour nos associations de rappeler que la problématique des violences basées sur le genre est une question de santé publique. Les violences prennent place dans tous les espaces de la vie des femmes, des minorités de genre et des enfants : dans la rue, dans la famille, au travail, en ligne ainsi que dans les sphères juridiques et politiques.

Les chiffres démontrent d’ailleurs l’ampleur des violences basées sur le genre et l’importance de se mobiliser pour lutter plus efficacement contre ! Selon le blog Stop Féminicide, au moins 22 féminicides1 ont été recensés en Belgique depuis le début de l’année 2025 (2). Rappelons aussi que 64 % des Belges de 16 à 69 ans ont été victimes d’une violence sexuelle au cours de leur vie. De plus, 79 % de personnes appartenant à la communauté LGBTQIA+, tous genres et orientations confondu·e·s, ont été victimes d’une violence sexuelle au cours de leur vie (3).

Les femmes et les minorités de genre sont toujours les premières personnes à souffrir des politiques néo-libérales et antisociales. Nous illustrons ci-dessous nos propos au travers de deux combats essentiels menés par nos associations.

L’amélioration de la loi relative à l’interruption volontaire de grossesse, toujours face à un blocage politique

Partout dans le monde où les politiques néo-libérales et antisociales sont présentes, les droits sexuels et reproductifs des femmes et des minorités de genre sont attaqués et remis en question. De telles attaques s’illustrent notamment à travers le blocage politique du dossier de réforme de la loi encadrant l’interruption volontaire de grossesse (IVG) pour lequel nos associations se mobilisent depuis plusieurs dizaines d’années. En parallèle des besoins formulés par les professionnel·le·s de terrain et les personnes en demande d’IVG pour améliorer la législation belge, un groupe d’expert·e·s scientifiques et pluridisciplinaires a listé en avril 2023 une série de recommandations, à la demande du précédent gouvernement fédéral.

Ces recommandations sont claires et unanimes :

  • Reconnaitre l’IVG comme un soin de santé à part entière en supprimant notamment les sanctions pénales qui pèsent sur les personnes en demande en cas de non-respect des conditions imposées par la loi ;
  • Supprimer le délai obligatoire de 6 jours entre le premier entretien et l’avortement ;
  • Allonger le délai légal dans lequel il est possible d’interrompre une grossesse de 12 à 18 semaines.

Au sein du gouvernement fédéral, la majorité en place a annoncé qu’un projet de loi améliorant l’accès à l’IVG serait présenté avant la fin de l’année parlementaire. Nos associations encouragent le gouvernement Arizona à se saisir urgemment de ces recommandations pour faire évoluer la loi actuelle qui pousse chaque année plus de 400 personnes en demande à se rendre aux Pays-Bas pour interrompre leur grossesse car elles ont dépassé le délai légal belge (4).

Les personnes trans* (5), disproportionnellement victimes de violences physiques, sexuelles ou encore institutionnelles (6)

Selon la FRA, l’agence des droits fondamentaux de l’Union européenne, en Belgique, 34 % des personnes trans* ont subi une agression physique ou sexuelle au cours des cinq dernières années, et 30 % ont été victimes de discrimination au cours de l’année écoulée (7). Les personnes trans* font aussi face à une augmentation des facteurs de risques (violences conjugales et sexuelles, problèmes de santé mentale et physique, pauvreté et sans-abrisme (8)),
ce qui les expose à d’autant plus de violences.

Face à ces données inquiétantes, Soralia et Sofélia rappellent qu’il est essentiel de lutter contre la transphobie ambiante présente dans notre société. À ce propos, Noémie Van Erps, Secrétaire générale de Soralia ajoute « Nos associations mènent d’ailleurs quotidiennement cette lutte au travers de leur reconnaissance en éducation permanente en déconstruisant les discours des mouvements anti-genre, particulièrement présents sur les réseaux sociaux ».

Le 23 novembre, rendez-vous à la manifestation Mirabal

Comme l’explique Margot Foubert, chargée de missions chez Sofélia et experte de la thématique “Violences”, « Cette année, avec la Plateforme Mirabal, qui regroupe toute une série d’associations féministes belges dont Soralia et Sofélia, nous avons décidé de mettre l’accent sur trois thématiques fondamentales : les violences économiques, les violences institutionnelles et la solidarité internationale. ».

Depuis 2017, la Plateforme Mirabal appelle chaque année à la mobilisation nationale pour lutter contre les violences basées sur le genre. « Cette année encore, manifestons contre les violences, en solidarité avec toutes les victimes ! Cette année encore, prenons la rue pour exiger des engagements concrets de la part du monde politique ! ».

Pour plus d’informations et avoir accès à l’ensemble des revendications soutenues par la Plateforme Mirabal :
Facebook : www.facebook.com/mirabal.belgium
Instagram : www.instagram.com/mirabalbelgium
Site internet : www.xn--plateformefministeviolences-loc.be/mirabal/

Manifestation nationale 23/11

La plateforme Mirabal vous invite à sa manifestation nationale contre les violences basées sur le genre le dimanche 23 novembre 2025 à Bruxelles (Place Jean Jacobs). Evènement Facebook pour la manifestation.

Les actions des Centres de Planning familial

Pour découvrir les actions organisées par les Centres de Planning familial affiliés à Sofélia, cliquez sur ce lien : Sofélia et ses Centres affiliés se mobilisent dans le cadre du 25 novembre – Sofelia.

Contacts

(1) En date du 7 novembre 2025. 

(2) https://stopfeminicide.blogspot.com/

(3) Violences sexuelles en Belgique : les chiffres de la première étude d’envergure – Observatoire européen de la Diversité

(4) Le droit à l’avortement en Belgique – Amnesty International Belgique

(5) « Qualifie une personne dont l’identité de genre et/ou l’expression de genre diffère de celle habituellement associée au genre qui lui a été assigné à la naissance. Il s’agit d’un terme coupole, incluant une pluralité d’identités de genre, en fonction de l’auto-définition de chaque personne. ». Nous utilisons le mot « trans* » avec l’astérisque pour visibiliser cette pluralité de vécus. Voir DUFRASNE Aurore et al., Transgenres/Identités pluriel.le.s, Bruxelles, 2024.

(6) HUMAN RIGHTS FONDATION, « Dismantling a Culture of Violence », Human Rights Campaign Fondation, HRC | Dismantling a Culture of Violence

(7) Carte blanche : Quand la transphobie s’invite le 8 mars et s’érige en victime médiatique, Fédération Prisme, 24 mars 2025.

(8) Ibid.